Les théâtres virtuels

2005

Thèse de doctorat dirigée par Béatrice Picon-Vallin (CNRS/ARIAS) et soutenue en 2005.

Les théâtres virtuels ont pour principale caractéristique d’être des spectacles créés par un langage informatique. Au travers d’un corpus d’œuvres internationales, présentées par leurs auteurs comme relevant du genre théâtral, et qui comprend des mises en scènes conçues pour le réseau ou le plateau, des dispositifs immersifs, des installations, des CD-ROMs…, il s’agit de s’interroger sur l’impact des technologies numériques et des réseaux de télécommunication sur le théâtre. En effet, les théâtres virtuels invitent à repenser les composantes fondamentales du théâtre occidental moderne : l’espace, l’acteur et le spectateur, l’écriture et la mise en scène. Ainsi, la scénographie moirée rend indissociable le spectateur de l’espace scénique, toujours composé de données numériques et physiques. Le caractère numérique apparaît comme la figure qui permet de redéfinir et d’articuler les postures de l’acteur et du spectateur. La présence du corps est l’un des aspects essentiels des théâtres virtuels : corps de l’acteur-subjectile, qui rend l’interactivité tangible et insuffle la vie aux automates numériques ; corps du spectateur-interprète et du spectateur-observateur, dont l’action et la perception multimodale ouvrent sur la synesthésie. C’est pourquoi nous privilégions la notion de présence à celle d’action, aspect que l’on retrouve dans les stratégies d’écriture observées dans les théâtres virtuels : texte animé, écriture hypermédia, écriture procédurale. Dans chacune des composantes des théâtres virtuels, deux figures reviennent constamment, le flux et l’enveloppe, définissant une dramaturgie du paramorphe : il ne s’agit plus de concevoir une forme mais d’en déterminer les variables, les composantes, les relations.

La thèse a paru en version revue et augmentée en 2013 grâce à une commande du ministère de la culture. L’ouvrage prend notamment en compte la danse, ce qui n’était pas le cas de la thèse soutenue en 2005 :  Bardiot Clarisse, Arts de la scène et technologies numériques  : les digital performances, Boulogne, Leonardo/Olats, 2013, (« Les Basiques »).

Par ailleurs, plusieurs textes ont été publiés à partir de la thèse, sur des thématiques plus précises : arts de la scène et téléprésence, écriture et programmation, l’acteur et les interfaces, la marionnette et les technologies numériques… Ces travaux se poursuivent encore aujourd’hui. Ils sont à l’origine de la création de la revue Patch et sonnent lieu à de nombreuses communication dans des colloques internationaux ainsi que dans le cadre de conférences pour les artistes et le grand public (invitation par différentes scènes nationales, l’ONDA, le Fresnoy…).

Publications :

  • « Ici et ailleurs, maintenant : scénographies de la présence dans les théâtres virtuels », in Jean-Marc Larrue, (éd.). Théâtre et intermédialité, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2015, pp. 207-222.
  • « Du théâtrophone au théâtre pour extensions mobiles : présences à distance dans les téléscènes », in Josette Féral, (éd.). Pratiques performatives : Body remix, Québec, Presses universitaires de Rennes  ; Presses de l’Université du Québec, 2012, (« Le spectaculaire, Série Théâtre »), pp. 315-332.
  • « Manipulations numériques », E Pur Si Muove. La marionnette aujourd’hui, juin 2008, pp. 61-63.
  • « Écrire/Programmer », Théâtre/Public, janvier 2007, pp. 90-92.
  • « Du Dispositif théâtral au chat : adaptations et mutations de la position spectatorielle (sur Desktop Theater) », in Pierre Barboza, Jean-Louis Weissberg, (éds.). L’Image actée : scénarisations numériques : parcours du séminaire L’action sur l’image, Paris, France, L’Harmattan, 2006, (« Champs visuels »), pp. 73-86.
  • « Écrire le spectateur : théâtres virtuels et drames interactifs », in Nicolas Szilas, Jean-Hughes Réty, (éds.). Création de récits pour les fictions interactives : simulation et réalisation, Paris, Hermès Science : Lavoisier, 2006, pp. 33-56.
  • « L’acteur, le spectateur et la téléprésence : le “drame des distances” chez Marinetti », Ligéia, 12 2006, pp. 197-204.

image : Nicolas Schöffer, CYSP 1, 1956