Archives par étiquette : digital performances

Lawrence Malstaf, Exhibiting The Visitor 1997 – 2011 / The Long Now 1997-2008, Galerie Fortlaan

La galerie Fortlaan, qui représente Lawrence Malstaf, vient d’éditer un second catalogue, Exhibiting The Visitor. 1997-2011, qui complète avec des créations récentes et une autre perspective le premier opus sorti en 2008. Intitulé The Long Now 1997-2008,
celui-ci avait été publié à l’occasion de l’exposition monographique présentée au Festival de Marseille. Récipiendaire d’un prix lors d’Ars Electronica 2009 dans la catégorie art interactif, cet artiste flamand élabore des machines dramaturgiques habitées par le spectateur. Trilingues (anglais, français et flamand), les deux ouvrages comprennent de nombreux documents visuels, dont des croquis préparatoires, ainsi que différents éclairages sur l’œuvre de Malstaf qui permettent de retracer son parcours, de la scénographie (pour des chorégraphes tels que Benoît Lachambre ou Meg Stuart) à l’installation plastique.

Chris Salter, Entangled. Technology and the Transformation of Performance, The MIT Press, 2010

Comment les technologies ont-elles transformé les pratiques des arts de la scène aux XXe  et XXIe siècles ? Comment la performance, à la fois comme méthode et comme pratique, peut-elle être explorée au travers d’un large éventail de champs artistiques ? Comment ces pratiques ont-elles développé des histoires communes malgré les frontières entre disciplines ? Pour répondre à ces questions, Chris Salter divise son ouvrage en chapitres thématiques (scène/machine, scénographie, architecture performative, image projetée, son, corps, machines/mécanismes et interaction) offrant des allers-retours constants entre des réalisations historiques et des pratiques actuelles. Plutôt que de se consacrer uniquement au numérique, il s’intéresse également à « l’âge mécanique », c’est-à-dire aux avant-gardes européennes du début du XXe siècle. Il englobe ainsi ces démarches dans un même mouvement. L’ouvrage, riche en exemples et en références, est judicieusement accompagné d’un glossaire des termes techniques employés et d’un système de renvois (en plus d’un index) qui invite à de multiples chemins de lecture.

Chris Salter (foreword by Peter Sellars), Entangled. Technology and the Transformation of Performance, The MIT Press, Cambridge (MA), 2010

DOCAM – Documentation et conservation du patrimoine des arts médiatiques

www.docam.ca

2005-2010

DOCAM est un projet de recherche concernant la documentation et la préservation des arts médiatiques. Les institutions culturelles sont confrontées à deux types de problèmes. D’une part, elles doivent concevoir des stratégies efficaces pour préserver les anciennes œuvres d’art à composantes technologiques. D’autre part, elles doivent documenter, préserver et comprendre les technologies à la base de telles œuvres, avec une rigueur professionnelle et un sens profond du contexte historique dans lequel ces technologies ont été développées.

Initié par la Fondation Daniel Langlois (Montréal), ce programme de recherche repose sur la collaboration d’universités, de musées, de centre d’archives et de documentation et d’institutions culturelles : Université McGill, Queen’s University, Université du Québec à Montréal, École des arts visuels et médiatiques et Centre interuniversitaire en arts médiatiques (CIAM), Université de Montréal, Musée des beaux-arts du Canada, Musée d’art contemporain de Montréal, Centre Canadien d’Architecture, Hexagram, (Canada), New York University, Leonardo (Etats-Unis), V2 (Pays-Bas), Centre des Écritures Contemporaines et Numériques (CECN) (Mons, Belgique), ZKM (Karlsruhe, Allemagne).

DOCAM concerne en priorité les arts plastiques. Dans la plupart des programmes de recherche sur cette question, les arts de la scène sont souvent le parent pauvre. Il est donc important de souligner l’aspect multidisciplinaire de ce programme et l’attention particulière portée au spectacle vivant.

Les recherches ont eu lieu de 2006 à 2010. Les différents chercheurs et organismes impliqués se sont réunit lors d’un symposium annuel pour mettre en commun les résultats de leurs recherches.

Les recherches effectuées explorent les différentes questions évoquées ci-dessus à partir d’études de cas (en particulier autour des créations de la chorégraphe Michèle Noiret) et d’un état de l’art des méthodologies de documentation des arts de la scène à composantes technologiques (comparatif d’ontologies). Elles ont permis de mettre en valeur les problématiques spécifiques engendrées par la captation vidéo et de proposer une maquette conceptuelle d’un logiciel d’annotation vidéo.

Publications :

  • « Une autre mémoire : la chorégraphie des données. À propos des objets numériques développés par William Forsythe (Improvisation Technologies, Synchronous objects et Motion Bank) », in Anne Bénichou, (éd.). Recréer / scripter – Mémoires et transmissions des œuvres performatives et chorégraphiques contemporaines, Dijon, Les presses du réel, 2015, (« Nouvelles scènes »), pp. 235-252
  • « Noter, annoter. Comment documenter les arts de la scène à composante technologique – Noting/Annotating. Documenting the technology-based performing arts », Art press 2 « Les enjeux de la conservation des arts technologiques », janvier 2009, pp. 30‑36
  • « Analyser et annoter les documents techniques provenant des spectacles à composante technologique : le cas des diagrammes de 9 Evenings », Le Document Électronique, Paris, Europia, 2007, pp. 145‑150, [En ligne : http://lodel.irevues.inist.fr/cide/index.php?id=289]

9 Evenings, Theatre & Engineering

Site web du projet

2005-2006

9 Evenings, Theatre & Engineering est une manifestation organisée par E.A.T. en 1966 à New York. Evènement majeur et précurseur dans l’histoire des relations entre théâtre et technologie, comme dans l’histoire des nouveaux média, 9 Evenings repose sur la collaboration de 10 artistes (David Tudor, John Cage, Yvonne Rainer, Alex Hay, Deborah Hay, Robert Rauschenberg, Oyvind Fahlstrom, Steve Paxton, Robert Whitman, Lucinda Childs) et d’une trentaine d’ingénieurs de Bell Labs.

La recherche menée considère les différents aspects de la relation entre artistes et ingénieurs. Elle s’articule autour des diagrammes publiés dans le programme, confrontés à des documents visuels (dont les captations tournées par Alfons Schilling), à des témoignages (interviews d’Yvonne Rainer, Robert Whitman, Deborah Hay et de différents participants), et à différents fonds d’archives (dont le fond John Cage à la New York Public Library for the Performing Arts et les archives de la Judson Church à la NYU).

Cette recherche a été menée en 2005 dans le cadre du programme de chercheur résident à la Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie à Montréal. La Fondation Daniel Langlois souhaitait publier les résultats des recherches sur son site Internet. La publication sur le web était l’occasion d’explorer une écriture spécifique pour ce support. Fragmentaire et discursive, cette écriture est une tentative d’articulation et de tissage de textes courts, de documents d’archives numérisés, d’images, et d’animations interactive des diagrammes. Le site Internet réalisé a été retenu par le MIT pour être présenté sur des bornes interactives dans le cadre de l’exposition 9 Evenings Reconsidered : Art, Theatre & Engineering en 2006 au List Visual Arts Center, puis à Montréal et en Europe.

Publications :

  • BOUCHARDON, Serge, BARDIOT, Clarisse et CAUBEL, Hélène, « Recherche, ingénierie, création artistique : processus, prototypes, productions », Hermès, vol. 2 / 75, 2015, pp. 177‑187.
  • « Un exemple fondateur de collaboration interdisciplinaire : 9 Evenings, Theatre & Engineering », Ligéia, juin 2015,  pp. 79‑87.
  • « The Diagrams of 9 Evenings », in 9 Evenings Reconsidered : Art, Theatre, and Engineering, 1966, Cambridge, Mass., MIT List Visual Arts Center, 2006, pp. 45‑54 ; « Les images de 9 Evenings : theater and Engineering», in Philippe Dubois, Frédéric Monvoisin, Elena Biserna, (éds.). Extended cinema : le cinéma gagne du terrain, Pasian di Prato (UD) [i.e. Udine, Italy], Campanotto, 2010, (« Zeta cinema », 25), pp. 243‑246
  • 9 Evenings : Theatre and Engineering, Montréal, Fondation Daniel Langlois, 2006, [En ligne : http://www.fondation-langlois.org/html/f/page.php?NumPage=572]

Les théâtres virtuels

2005

Thèse de doctorat dirigée par Béatrice Picon-Vallin (CNRS/ARIAS) et soutenue en 2005.

Les théâtres virtuels ont pour principale caractéristique d’être des spectacles créés par un langage informatique. Au travers d’un corpus d’œuvres internationales, présentées par leurs auteurs comme relevant du genre théâtral, et qui comprend des mises en scènes conçues pour le réseau ou le plateau, des dispositifs immersifs, des installations, des CD-ROMs…, il s’agit de s’interroger sur l’impact des technologies numériques et des réseaux de télécommunication sur le théâtre. En effet, les théâtres virtuels invitent à repenser les composantes fondamentales du théâtre occidental moderne : l’espace, l’acteur et le spectateur, l’écriture et la mise en scène. Ainsi, la scénographie moirée rend indissociable le spectateur de l’espace scénique, toujours composé de données numériques et physiques. Le caractère numérique apparaît comme la figure qui permet de redéfinir et d’articuler les postures de l’acteur et du spectateur. La présence du corps est l’un des aspects essentiels des théâtres virtuels : corps de l’acteur-subjectile, qui rend l’interactivité tangible et insuffle la vie aux automates numériques ; corps du spectateur-interprète et du spectateur-observateur, dont l’action et la perception multimodale ouvrent sur la synesthésie. C’est pourquoi nous privilégions la notion de présence à celle d’action, aspect que l’on retrouve dans les stratégies d’écriture observées dans les théâtres virtuels : texte animé, écriture hypermédia, écriture procédurale. Dans chacune des composantes des théâtres virtuels, deux figures reviennent constamment, le flux et l’enveloppe, définissant une dramaturgie du paramorphe : il ne s’agit plus de concevoir une forme mais d’en déterminer les variables, les composantes, les relations.

La thèse a paru en version revue et augmentée en 2013 grâce à une commande du ministère de la culture. L’ouvrage prend notamment en compte la danse, ce qui n’était pas le cas de la thèse soutenue en 2005 :  Bardiot Clarisse, Arts de la scène et technologies numériques  : les digital performances, Boulogne, Leonardo/Olats, 2013, (« Les Basiques »).

Par ailleurs, plusieurs textes ont été publiés à partir de la thèse, sur des thématiques plus précises : arts de la scène et téléprésence, écriture et programmation, l’acteur et les interfaces, la marionnette et les technologies numériques… Ces travaux se poursuivent encore aujourd’hui. Ils sont à l’origine de la création de la revue Patch et sonnent lieu à de nombreuses communication dans des colloques internationaux ainsi que dans le cadre de conférences pour les artistes et le grand public (invitation par différentes scènes nationales, l’ONDA, le Fresnoy…).

Publications :

  • « Ici et ailleurs, maintenant : scénographies de la présence dans les théâtres virtuels », in Jean-Marc Larrue, (éd.). Théâtre et intermédialité, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2015, pp. 207-222.
  • « Du théâtrophone au théâtre pour extensions mobiles : présences à distance dans les téléscènes », in Josette Féral, (éd.). Pratiques performatives : Body remix, Québec, Presses universitaires de Rennes  ; Presses de l’Université du Québec, 2012, (« Le spectaculaire, Série Théâtre »), pp. 315-332.
  • « Manipulations numériques », E Pur Si Muove. La marionnette aujourd’hui, juin 2008, pp. 61-63.
  • « Écrire/Programmer », Théâtre/Public, janvier 2007, pp. 90-92.
  • « Du Dispositif théâtral au chat : adaptations et mutations de la position spectatorielle (sur Desktop Theater) », in Pierre Barboza, Jean-Louis Weissberg, (éds.). L’Image actée : scénarisations numériques : parcours du séminaire L’action sur l’image, Paris, France, L’Harmattan, 2006, (« Champs visuels »), pp. 73-86.
  • « Écrire le spectateur : théâtres virtuels et drames interactifs », in Nicolas Szilas, Jean-Hughes Réty, (éds.). Création de récits pour les fictions interactives : simulation et réalisation, Paris, Hermès Science : Lavoisier, 2006, pp. 33-56.
  • « L’acteur, le spectateur et la téléprésence : le “drame des distances” chez Marinetti », Ligéia, 12 2006, pp. 197-204.

image : Nicolas Schöffer, CYSP 1, 1956