Archives par étiquette : arts de la scène

Arts de la scène et Culture Analytics – conférence à Montréal

Conférence

20/02/2017

Présentation de mes travaux récents dans le cadre de la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques et le CRIHN – Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques.

Résumé :
Alors que les arts de la scène ont largement investi le champ des « nouvelles » technologies d’un point de vue esthétique, l’application de ces technologies à leur étude est un phénomène embryonnaire. Les humanités numériques ne serait-elles pas pour les études théâtrales l’étendard prometteur de nouvelles perspectives scientifiques qu’elles sont pour d’autres disciplines ? Après un panorama sur les « deux vagues » (Presner, 2010) des humanités numériques dans le champs des études théâtrales, j’examinerai plus particulièrement les possibilités offertes par les Culture Analytics, soit l’analyse de la culture basée sur les données. A partir des méthodologies présentées et expérimentées pendant le programme Culture Analytics à UCLA, je présenterai différentes pistes de recherches pour l’étude, l’analyse et la documentation des arts de la scène dans un contexte de « medium data ».

Rekall, un environnement open source pour documenter, analyser les processus de création et faciliter la reprise des œuvres

www.rekall.fr

2007-aujourd’hui

Le développement de Rekall s’inscrit dans le prolongement des recherches menées dans le cadre de DOCAM. Rekall est un environnement open source pour documenter, analyser les processus de création et faciliter la reprise des œuvres. C’est un logiciel qui permet de documenter les spectacles et les installations plastiques, en prenant en compte le processus de création, la réception et les différentes formes d’un spectacle.

À l’origine, Rekall a été conçu pour répondre aux difficultés rencontrées par les artistes lors de la reprise d’un spectacle dont les technologies sont devenues obsolètes et pour aider les équipes artistiques à retrouver les choix techniques et artistiques effectués d’une résidence à une autre. Un autre objectif était de répondre aux problématiques des chercheurs en arts de la scène confrontés à des problèmes de big data, c’est-à-dire à des ensembles de documents très nombreux nécessitant des outils de visualisation de données pour les analyser.Aujourd’hui, Rekall s’adresse à toute forme de spectacle, qu’il s’agisse de théâtre, de danse, de cirque, de marionnette, ainsi qu’aux installations interactives.

Le fonctionnement de Rekall s’articule essentiellement autour des documents de création : croquis de scénographies, commentaires audio, descriptions d’éléments techniques, vidéos, textes, carnets de notes, conduites techniques, patches, captures d’écran de logiciels spécifiques, partitions, photographies, mails… Il permet de structurer plusieurs strates temporelles : celle du processus de création (éclairer par exemple les recherches menées pour tel aspect du spectacle), de la représentation elle-même (voire de ses différentes versions dans le cas d’un work in progress), et de sa réception (par exemple en ajoutant des commentaires audio de la compagnie sur son propre travail, ou bien de spectateurs, ou encore la revue de presse). Rekall permet d’agréger un nombre infini de documents de différentes natures ayant trait à une œuvre.

Rekall se base sur les métadonnées présentes dans chacun de ces documents pour en extraire des informations cruciales (auteur, date de création, lieu de création, mot-clé, etc.), qui sont ensuite utilisées par les outils d’analyse et de représentation de l’information, afin de révéler des comportements créatifs, des usages ou d’autres informations insoupçonnées.

Les recherches engagées avec Rekall ont donné lieu à plusieurs publications, dont certaines dans des revues internationales, ainsi qu’à des conférences dans des symposiums internationaux.

Publications :

« Rekall: An environment for notation / annotation / denotation », Performance Research. On An/Notations, vol. 20 / 6, éds. Scott DeLahunta, Kim Vincs et Sarah Whatley, décembre 2015, pp. 82-86.

« Video recording and documentation of scenic arts: from the annotation to the visualization of metadata, the example of the Rekall software », Acoustic Space. Data Drift. Archiving Media and Data Art in the 21st Century, vol. 14, éds. Rasa Smite, Raitis Smits et Lev Manovich, octobre 2015.

Bardiot Clarisse, Marais Guillaume, Jacquemin Guillaume et Coduys Thierry, « Rekall  : un environnement open-source pour documenter, analyser les processus de création et simplifier la reprise des œuvres scéniques », Captation, Transformation, Sonification, Talence, AFIM, 2014, pp. 119-129.

Communications dans des symposiums internationaux (sélection) :

  • Montréal, novembre 2015 – Rekall, workshop, colloque Media Art History : ReCreate (Université Concordia, UQAM).
  • Bruxelles, octobre 2015 – « Performing Arts and Born Digital Heritage », colloque Preservation and Access to Born-Digital Culture (Imal, Packed).
  • Warwick, juillet 2014 – « Theater research and Big Data : using Rekall to document Re : Walden, a digital performance by Jean-François Peyret», colloque annuel de la FIRT (Université de Warwick).
  • Lausanne, juillet 2014 – « Arts de la scène et Big Data : conception et développement du logiciel Rekall », colloque Digital Humanities (EPFL/UNIL).
  • Riga, octobre 2013 – « Rekall : a video-annotation software to document digital performances », colloque Media Art History: Renew (RIXC).
  • Barcelone, juillet 2013 – « Rekall, un logiciel pour documenter les digital performances », colloque annuel de la FIRT (Institut del teatre).

Projet initié et conçu par Clarisse Bardiot en collaboration avec Buzzing Light et Thierry Coduys

Production le phénix scène nationale Valenciennes avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication Direction Générale de la Création Artistique dans le cadre de l’Appel à projets Services Culturels Numériques Innovants coordonné par le secrétariat général du ministère de la Culture et de la Communication, du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, de MA scène nationale – Pays de Montbéliard et du Centre national des Arts du Cirque. Production cofinancée par PICTANOVO avec le soutien du Conseil Régional Nord-Pas de Calais, de Lille Métropole Communauté Urbaine, de la CCI Grand-Hainaut, du Centre National du Cinéma et de l’image animée.

Festival d’Avignon – une interview sur la préservation des traces numériques du spectacle vivant

Suite au débat public « Création et digital dans le spectacle vivant en Europe aujourd’hui » organisé par Le Relais Culture Europe, en partenariat avec Arte et le Centre national du Théâtre au festival d’Avignon, j’ai été interviewée à propos de Rekall et des problématiques liées à l’obsolescence technologique dans le spectacle vivant.

L’interview présente également le nouveau projet en cours de développement, MemoRekall.

A retrouver ici

Colloque international « Processus de création et archives du spectacle vivant »

« Du 15 au 17 octobre 2014, l’équipe d’accueil Arts : Pratiques et Poétique organise, en partenariat avec l’université de Montréal et l’université Lille 3, un colloque international sur le thème « Processus de création et archives du spectacle vivant : manque de traces ou risque d’inflation mémorielle ? » à l’Université Rennes 2, au Théâtre national de Bretagne, à l’Espace Ouest-France et aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

La récente émergence des études sur la mémoire et la réévaluation des liens entre histoire et mémoire sont concomitantes du renouvellement de la nature et des usages des archives. Caractérisé par la nature événementielle d’un art qui survit dans la mémoire de ses témoins et de ses praticiens, le champ des Études théâtrales est particulièrement concerné par ces mutations. Bien plus, la mise en avant depuis les années 1960 de la dimension performative de certaines créations – qui se présentent comme processus plutôt que comme oeuvres achevées – a pu inciter les chercheurs à renouveler les outils et les données qu’ils mobilisent pour les appréhender. Ce mouvement implique un élargissement important des sources considérées comme nécessaires pour rendre compte du processus de création, sources que le chercheur peut non seulement recueillir mais aussi susciter en utilisant divers modes d’enregistrement et de captation. Il est désormais possible de participer à une vaste collecte de traces de multiples sortes, voire de procéder à la constitution d’une documentation qui semble avoir un « devenir » d’archives, que la mémoire numérique permet de stocker, apparemment sans limites. Une crise liée à cette nouvelle possibilité risquerait alors de s’ajouter à la première évolution ; l’apparition de nouveaux outils suscitant un risque d’inflation mémorielle interrogeant la notion même de conservation du passé.

Pour répondre à ces questions liées aux conditions de possibilité et aux modalités de l’archivage du geste créateur, nous convoquerons les approches génétique, historiographique, philosophique, épistémologique, intermédiale et esthétique. »

programme du colloque

DOCAM – Documentation et conservation du patrimoine des arts médiatiques

www.docam.ca

2005-2010

DOCAM est un projet de recherche concernant la documentation et la préservation des arts médiatiques. Les institutions culturelles sont confrontées à deux types de problèmes. D’une part, elles doivent concevoir des stratégies efficaces pour préserver les anciennes œuvres d’art à composantes technologiques. D’autre part, elles doivent documenter, préserver et comprendre les technologies à la base de telles œuvres, avec une rigueur professionnelle et un sens profond du contexte historique dans lequel ces technologies ont été développées.

Initié par la Fondation Daniel Langlois (Montréal), ce programme de recherche repose sur la collaboration d’universités, de musées, de centre d’archives et de documentation et d’institutions culturelles : Université McGill, Queen’s University, Université du Québec à Montréal, École des arts visuels et médiatiques et Centre interuniversitaire en arts médiatiques (CIAM), Université de Montréal, Musée des beaux-arts du Canada, Musée d’art contemporain de Montréal, Centre Canadien d’Architecture, Hexagram, (Canada), New York University, Leonardo (Etats-Unis), V2 (Pays-Bas), Centre des Écritures Contemporaines et Numériques (CECN) (Mons, Belgique), ZKM (Karlsruhe, Allemagne).

DOCAM concerne en priorité les arts plastiques. Dans la plupart des programmes de recherche sur cette question, les arts de la scène sont souvent le parent pauvre. Il est donc important de souligner l’aspect multidisciplinaire de ce programme et l’attention particulière portée au spectacle vivant.

Les recherches ont eu lieu de 2006 à 2010. Les différents chercheurs et organismes impliqués se sont réunit lors d’un symposium annuel pour mettre en commun les résultats de leurs recherches.

Les recherches effectuées explorent les différentes questions évoquées ci-dessus à partir d’études de cas (en particulier autour des créations de la chorégraphe Michèle Noiret) et d’un état de l’art des méthodologies de documentation des arts de la scène à composantes technologiques (comparatif d’ontologies). Elles ont permis de mettre en valeur les problématiques spécifiques engendrées par la captation vidéo et de proposer une maquette conceptuelle d’un logiciel d’annotation vidéo.

Publications :

  • « Une autre mémoire : la chorégraphie des données. À propos des objets numériques développés par William Forsythe (Improvisation Technologies, Synchronous objects et Motion Bank) », in Anne Bénichou, (éd.). Recréer / scripter – Mémoires et transmissions des œuvres performatives et chorégraphiques contemporaines, Dijon, Les presses du réel, 2015, (« Nouvelles scènes »), pp. 235-252
  • « Noter, annoter. Comment documenter les arts de la scène à composante technologique – Noting/Annotating. Documenting the technology-based performing arts », Art press 2 « Les enjeux de la conservation des arts technologiques », janvier 2009, pp. 30‑36
  • « Analyser et annoter les documents techniques provenant des spectacles à composante technologique : le cas des diagrammes de 9 Evenings », Le Document Électronique, Paris, Europia, 2007, pp. 145‑150, [En ligne : http://lodel.irevues.inist.fr/cide/index.php?id=289]